Par Sylviane ZEHIL
Michael Williams a minimisé hier les risques de reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah, mais a exhorté les deux côtés à cesser leur rhétorique « incendiaire ».
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni hier en consultations privées pour débattre du 12e rapport semestriel du secrétaire général de l'ONU concernant l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. À cette occasion, Michael Williams, coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, a présenté un exposé exhaustif sur l'application de ladite résolution depuis le dernier rapport en date du 2 novembre 2009.
M. Williams a déclaré à la presse qu'il avait informé le Conseil de sécurité « de la récente escalade verbale, accompagnée de menaces publiques, entre Israël et le Liban, qui a suscité des inquiétudes sur la possibilité d'une nouvelle confrontation ».
Il a indiqué que « la situation entre le Liban et Israël est restée calme ». Toutefois, cette stabilité « demeure fragile », a-t-il noté. Michael Williams a dit regretter les récentes déclarations « de plus en plus véhémentes et belliqueuses » ainsi que les menaces publiques entre Israël et le Liban, annonçant la reprise du conflit. « De tels propos qui attisent les tensions sont contraires à l'esprit de la résolution 1701 », a-t-il dit. « Cette rhétorique publique et ce recours à l'outrance contreviennent à l'esprit de la résolution 1701 (du Conseil de sécurité) et sont fondamentalement contre-productifs », a-t-il dit.
M. Williams a indiqué que dans ses conversations privées avec des responsables israéliens et libanais, les deux côtés, se démarquant de certaines de leurs déclarations publiques, « continuent d'exprimer leur engagement en faveur de l'actuelle cessation d'hostilités et de la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 ».
« Je crois que ce sont ces déclarations privées, plutôt que la rhétorique publique, qui reflètent leurs véritables intentions, et j'ai appelé toutes les parties concernées à s'abstenir de propos incendiaires », a-t-il ajouté.
Arrêt des violations israéliennes et désarmement
« Bien que la cessation des hostilités tienne encore la route, il reste beaucoup à faire » pour appliquer cette résolution, et cela « fragilise la situation. Les parties doivent faire des progrès et « parvenir à un cessez-le-feu permanent », a expliqué Michael Williams. Il a en outre exprimé devant le Conseil sa préoccupation au sujet des violations continues de l'espace aérien libanais par les forces israéliennes. Celles-ci risquent de provoquer un incident qui pourrait rapidement dégénérer, a-t-il souligné. Elles doivent cesser « immédiatement ». Ces violations créent des tensions et risquent de provoquer un incident qui pourrait rapidement dégénérer. Mais Williams s'est dit « convaincu » que les parties ne veulent pas de nouveaux incidents. Concernant Ghajar, Michael Williams a espéré qu'« un retrait pourrait avoir lieu ».
Abordant l'embargo sur les armes, M. Williams a noté que le gouvernement devrait prendre les mesures nécessaires pour appliquer la résolution 1701. « J'accueille favorablement l'engagement du Premier ministre Saad Hariri à développer une stratégie complète des frontières et aussi la nomination du ministre Jean Ogassabian pour superviser le processus », a-t-il ajouté. Il a « accueilli favorablement aussi les efforts déjà déployés, notamment au long de la partie nord de la frontière. L'ONU espère que l'amélioration récente des relations entre la Syrie et le Liban contribuera aussi à une meilleure gestion de la frontière ».
Soulignant l'importance du désarmement des groupes armés sur le territoire national, il a affirmé que « cette question devrait être résolue par le biais d'un processus politique mené » interne. « Nous espérons qu'un mécanisme clair sera mis en place pour que des progrès soient réalisés », a-t-il souligné.
Michael Williams a enfin mis l'accent sur le fait que les « peuples de la région, plus particulièrement le peuple libanais, aspirent à la paix et à la stabilité. L'application de la résolution 1701 pourrait garantir cette stabilité pour le Liban, pour Israël et pour la région. Nous encourageons les parties à continuer à travailler pour la mise en œuvre de toutes ses dispositions ».